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Yuweri Museveni reste dans sa «bananeraie qui donne des fruits»


KINSHASA, PARIS, BRUXELLES.
C’est un quasi bis repetita de 2005. A l’époque, Yoweri Kaguta Museveni ne pouvait plus se représenter, le nombre de mandats étant limité à deux. Il a réformé sa Constitution sans qu’il y ait la moindre sanction. Impunité quasi totale à l’intérieur du pays, comme à l’extérieur, disent les experts.
Museveni pourra donc se présenter pour un nouveau mandat en 2021. Le Chef de l’Etat ougandais a vite promulgué ce texte adopté le 20 décembre par le Parlement par 315 voix contre 62, et deux abstentions, levant la limite d’âge pour être candidat à la présidentielle, fixé jusque-là à 75 ans.
Le chef de l’État ougandais Yoweri Museveni avait ratifié une semaine plutôt la loi mais l’information a donc attendue une semaine. «Le président a donné son consentement au projet de loi et il a maintenant force de loi», a déclaré ce mardi un porte-parole du président ougandais, Don Wanyama, officialisant ainsi la ratification du texte. «La loi précédente était discriminatoire par nature et cela a été réglé pour le bien des Ougandais», a-t-il ajouté.
Les débats furent houleux au Parlement, des rixes à la clé – dans l’hémicycle avec jets de chaises et de poings entre partisans et opposants – outre des arrestations. Le président ougandais est au pouvoir depuis plus de 31 ans et il venait de passer le cap des 73 ans.
Avant la dernière présidentielle en 2016, Museveni avait prévenu par une petite phrase: «Comment pourrais-je quitter une bananeraie que j’ai plantée et qui commence à donner des fruits?». Museveni est en passe de tenir son pari, profiter de sa bananeraie jusqu’au bout, puisqu’il est aujourd’hui libre de se présenter pour un nouveau mandat en 2021. Il aura alors officiellement 77 ans.

TRES GENEREUSE PRIME.
C’est justement ce qui a fait grincer des dents, y compris au sein de son parti, le MRN, largement majoritaire à l’Assemblée. Des sondages donnaient jusqu’à 85% des Ougandais contre cette réforme.
Le texte réintroduit une limite au nombre de mandats présidentiels, qui avait été supprimée en 2005. Mais cette limite, fixée à deux mandats, n’entrera en vigueur qu’après la prochaine élection, ce qui pourrait permettre Museveni de se présenter à nouveau à deux reprises. Cette loi prévoit également que le mandat des députés soit allongé de deux ans, passant de cinq à sept années, ce qui repousse ainsi les prochaines législatives à 2023.
Si la réforme est passée au Parlement, ce serait, rapportent des médias, sans doute et aussi grâce à la très généreuse prime accordée aux députés qui ont voté en faveur de la réforme, US$ 8.000 par élu.
La ratification de la loi «n’est pas une surprise. C’est un plan bien orchestré pour avoir Museveni au pouvoir à vie», a déclaré le chef de l’opposition, Kizza Besigye. «Museveni est le principal bénéficiaire de cette fraude constitutionnelle», a-t-il ajouté. Museveni, au pouvoir depuis 1986, n’en est pas à son coup d’essai. En 2005, la Constitution avait été modifiée pour supprimer la limitation à deux mandats présidentiels, lui permettant ainsi de briguer ses troisième, quatrième et cinquième mandats. Il avait alors soutenu que le Parlement était indépendant et qu’il respecterait la volonté du peuple, un argument réutilisé douze ans plus tard.
Museveni a gagné la bataille de la légalité constitutionnelle, mais beaucoup craignent aujourd’hui que les violations des droits de l’homme, les violences, se multiplient. Mzee, comme on surnomme le vieux chef d’Etat, n’a en tout cas pas trop de soucis à se faire du côté de la communauté internationale qui est restée quasi-silencieuse après ce nouveau passage en force.

WASHINGTON, LIENS STRATEGIQUES.
«Le président Museveni, c’est comme Paul Kagame au Rwanda, il pouvait massacrer, tuer, violer, piller le Congo, grâce à Washington, l’aide continuait de couler à flots», commente même. La thèse que la chercheuse et journaliste Helen Epstein développe dans son livre Les Etats-Unis, l’Ouganda et la lutte contre le terrorisme. Dès les premières années, après le coup d’Etat, Yoweri Museveni s’est rapproché des Américains, bon élève de la lutte contre le terrorisme avant même le 11-Septembre. Depuis, il aurait reçu au total 20 milliards d’aide au développement, 4 milliards, d’effacement de dettes, un soutien militaire, financier, logistique, formation, sans doute très important, on n’en connaît pas le montant.
Et pas seulement des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne ou actuellement de la France, ce qui permet aujourd’hui à l’armée ougandaise d’être considérée, malgré les exactions commises, comme l’une des plus puissantes et professionnelles du continent. Protégée sans doute également par son déploiement en Somalie face aux Shebab. «Museveni, comme Kagame, représente un facteur de stabilité, même s’il s’agit d’une vision de court terme», admet une source diplomatique «sans oublier qu’il a du pétrole», ajoute-t-il en guise d’explication.



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